Mademoiselle fait son cinéma de mars

Un changement de saison s’annonce, avec son lot d’événements ciné, pour égayer vos journées printanières. Nouveautés, incontournables à ne pas rater, printemps du cinéma, et billets réduits, tout un programme pour l’arrivée des beaux jours.

Voici donc un petit aperçu de ce qui se passe dans les salles obscures en ce moment.

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Le Printemps revient… au Cinéma

Du dimanche 22 au mardi 24 mars 2015 c’est le retour du Printemps dans les salles de cinéma françaises pour profiter de 3 jours ininterrompus de bons plans cinéma.

Petite piqûre de rappel sur cet événement : pendant 3 jours, les salles de cinéma proposent à tous les spectateurs de rentrer dans les salles obscures pour la modique somme de 3,50 € la séance. Alors si vous n’êtes pas beaucoup allés au cinéma ces derniers temps c’est l’occasion de vous rattraper !

Si vous ne savez pas trop quoi aller voir, voici quelques idées, mais vous pouvez aussi jeter un coup d’oeil à l’article cinéma du mois de février !

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Pantoufle de verre et saute-mouton : les enfants à l’honneur…

Vacances de Pâques oblige, nos chers bambins trouveront leur bonheur dans les salles. Pas de chasse aux oeufs sous les fauteuils, mais le retour de Cendrillon et un voyage à la campagne avec un mouton nommé Shaun.

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Cendrillon: Ella, Ella…pas si moderne…

Force est de constater que Disney aime le recyclage. On prend une vieille recette qui a fait ses preuves par le passé, on la saupoudre de nouveautés (sur fond vert) et on la sert toute chaude au public. Après, Alice au Pays des Merveilles, Maléfique, et le Magicien d’Oz, c’est au tour de Cendrillon de faire peau neuve. Malgré tout, la souillon sent la poussière.

Et pourtant, la réalisation, confiée au très shakespearien Kenneth Branagh, assurait une postérité très noble à la jeune princesse. Kenneth Branagh, habitué à la prose et aux sonnets, (quoique tenté par l’aventure irrésistible de prêter son génie à l’envergure épique d’un super héros) n’a pas trouvé en Cendrillon de quoi sublimer sa carrière de metteur en scène.

Et pourtant l’écrin du plus bel ouvrage , en met plein la vue et titille nos âmes d’enfants par quelques détails aussi savoureux qu’une madeleine. Helena Bonham Carter en marraine la bonne fée, envoûte et sait, en dehors de chez Tim Burton, charmer par sa fantaisie.

Très proche de l’original signé Disney, la transformation de la belle, reste une vraie réussite, un florilège d’effets orchestrés par un vieux refrain qui dit « bobidi ba bidi bou ». Un voyage vers l’enfance, une envolée, telle la tornade qui transportait Dorothée loin de son Kansas. Mais dans l’ensemble le périple est sans issue.

Portée par un casting qui sent l’influence de la jeune génération HBO ou autre série à succès, ces stars montantes ( Lily James « Downton Abbey », Richard Madden « Game of Thrones« ) font ce qu’elles peuvent pour moderniser le propos désuet et loin des discours émancipateurs et libérés (délivrés, non ça suffit!) des films d’animation contemporains.

Pourquoi la Cendrillon de Kenneth Branagh a-t-elle échappée à plus de 50 ans d’évolution des mentalités vis à vis des femmes ? Copié/collé du dessin animé d’antan, Lily James parfaitement corsetée, et faisant joujou avec les souris du grenier, arbore un sourire et un enchantement à l’égard des choses qui brillent qui finissent par agacer.

Pourquoi l’ouverture d’esprit dont a fait preuve Disney vis a vis de ses classiques revisités, a-t-elle subitement disparue d’un coup de baguette magique? Peut-être la peur que cette génération oublie les vieilles recettes de grand-mère?

Discours moralisateur assommant, sans oublier le « et ils vécurent heureux jusqu’ à la fin de leurs jours » ( et oui ils ont osé), Cendrillon brise toujours son soulier mais nous casse surtout les pieds. Reste une Cate Blanchett parfaite, de froideur et d’indifférence à l’égard de cette souillon qui finit aussi par nous endormir. Dommage…

La surprise de Cendrillon :  avant de déballer le paquet cadeau, un avant-goût spécial devrait ravir les enfants. Ils auront la surprise de découvrir le court-métrage « La Reine des Neiges: une fête givrée ». Le retour d’Elsa et Anna, fera sensation, tout comme son nouveau refrain, qui marquera une pause dans l’enfer que vivent les parents avec le ( trop) célèbre « Libérée, délivrée ». Une entrée rafraichissante avant la lourdeur du plat principal.

De Kenneth Branagh, avec Lily James, Richard Madden, Cate Blanchett
Durée : 1h44
en salle à partir du 25 mars 2015

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Shaun le mouton: Sheep in the city…

Alors que le musée des Arts ludiques , s’apprête à accueillir l’exposition consacrée aux studios Aardman, c’est leur petit dernier Shaun le mouton, qui devient la star du jour.

Adaptée sur grand écran, la série à succès diffusée sur la BBC, n’ a pas à rougir de la réputation de ses prédécesseurs « Wallace et Gromit » ou « Chicken Run », et s’ajoute dignement à la longue liste des pépites du studio. Le petit mouton fait aujourd’hui son entrée dans la cour des grands, grâce à un univers attachant, bucolique, intimiste et d’une grande finesse.

C’est dans un court-métrage intitulé « rasé de près » que Shaun apparait pour la première fois aux côtés de « Wallace et Gromit ». Depuis le petit mouton s’est illustré seul, dans des spots de publicités jusqu’à devenir un héros à part entière, bientôt rejoint par son rival le chien Bitzer, et le fermier, qui gère tout ce petit monde .

Série à succès, le destin du personnage était déjà tout tracé,sa place étant dans les salles obscures. Cette fois-ci Shaun, ne supporte plus le quotidien sans surprise du travail à la ferme, et joue la carte du saute mouton, pour entourlouper le fermier et prendre une journée de congés avec ses compagnons.

Mais les choses tournent mal, leur maître disparait dans le tumulte déroutant de la grande ville. L’aventure commence pour tout le troupeau…

Aller d’épisodes de 7 minutes à un long métrage, était un défi de taille pour les animateurs du studio. Et pourtant la transition passe comme une lettre à la poste.

Le film enchaîne les séquences d’action, d’humour, et d’émotion, dans un rythme soutenu et maîtrisé qui ne lasse jamais le spectateur,malgré l’absence totale de dialogues. Là réside la force d’une animation réglée au millimètre, où chacune de ces marionnettes en silicone exprime par un geste, une expression, une multitudes d’idées, et d’émotions qui manquent cruellement dans l’animation de l’ère numérique.

Facétieux, énergique , le film émeut comme un Chaplin, où la douceur de ces êtres fragilisés et marginalisés, perdus dans un monde qui n’est pas le leur, vous serre le coeur. Intelligent, faisant table rase des clichés et de la facilité, Shaun est une prouesse artistique et scénaristique.

Shaun le Mouton, gagne en sincérité là où certains films d’animations perdent en intérêt. Parce que le propos soigne le détail, et pointe du doigt  la joie que procure la vie loin du tumulte. La superficialité, que la mode créée  par la coupe d’un mouton, se confond dans l’amnésie du fermier, qui ne sait pas ce qu’il fait.

Ou comment créer le buzz dans l’ignorance de ce qui importe. Shaun retrouve la paix dans un champ cloîtré, dans l’habitude et la vie en communauté. C’est simple, mais efficace!

De Mark Burton, Richard Starzak
Durée : 1h25
en salle à partir du 1er avril 2015

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 Birdman: la schizophrénie héroïque…

And the Oscar goes to : « Birdman »! Le verdict est sans appel, le film de Alejandro González Iñárritu, est déclaré meilleur film de l’année par l’académie. Mérité? « Birdman » tire la langue à « Boyhood », et déploie ses ailes pour embrasser une industrie dont il déplore la superficialité.

Mérité, et applaudi, le film est un ovni, une oeuvre labyrinthique, qui nous manipule d’une manière exemplaire et stupéfiante.

Michael Keaton incarne un acteur déchu, comme dans une thérapie à coeur ouvert. Un alter ego démenti, et pourtant ce comédien dépressif, alcoolique et totalement has-been, Keaton le connaît, le contemple dans ce miroir crasseux, reflet d’une carrière en dent de scie.

Une conscience destructrice qui vient murmurer à son oreille sous les traits d’un super héros jadis adulé, à la voix profonde comme l’empreinte qu’il laissa sur le public.(Batman es-tu là?).

Mais quel public? Celui de l’exigeant  Broadway, qui applaudit la torture et goûte le sang, comme de la simple sueur. Ou le public d’un cinéma explosif à la Michael Bay qui détruit les vraies stars, les fait survoler la médiocrité, pour ne jamais atteindre ce rêve pourtant touché du bout des doigts.

Le réalisateur désoriente son public dans les vastes couloirs du théâtre, art de la mise à nu, où le comédien peut jouer sa dernière carte. Chaque acteur a ici un rôle à jouer, déterminant, comme une course de relais brillamment orchestrée.

Iñárritu crée l’illusion dun plan séquence,qui rend fou tout comme il subjugue. La mise en scène prodigieuse vaut à elle seule le détour.

Iñárritu ressuscite Keaton, et offre au trop rare Edward Norton,un personnage en or, un être machiavélique qui se veut  la bonne et la mauvaise  conscience d’un acteur qui veut croire à son retour.

Emma Stone, petite fleur sous cocaïne,  fragile et féroce , n’a plus foi en son ancienne star de père, mais adule le héros déplumé. Iñárritu réinvente le super héros, celui qui existe dans nos esprits, et qui cherche sa place dans l’enfer du buzz.

Film schizophrénique d’une rare puissance, »Birdman », tourne le dos à Hollywood qui lui rend tous les honneurs. C’est jouissif à souhait, haletant comme cette batterie nerveuse, qui donne le ton au film. Heroïque !

De Alejandro González Iñárritu, avec Michael Keaton, Edward Norton, Emma Stone
Durée : 1h59
en salle depuis le 25 février

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Big Eyes: Tim Burton fait les gros yeux…

Tim Burton, est un conteur, un enchanteur, un créateur d’univers, de personnages mémorables et profondément liés à lui. C’est un réalisateur en marge, qui a fui la banalité du “politiquement correct’, et s’est enfermé dans sa bulle, pleine d’une noirceur maline et optimiste.

Mais comme tout génie, son oeuvre est parfois totalement incomprise et soumise à des détracteurs féroces qui nient la possibilité d’une rédemption dans son propre art.

Tim Burton s’est créé sa propre famille, avec ses codes, ses habitués, mais a fini par lasser un public qui a changé son regard sur le cinéma. Et pourtant son cinéma est toujours ce qu’il est, le reflet d’un rêveur qui aime la sécurité et veut croire  en ses créatures. Depuis « Sweeney Todd » Burton cherche à dépoussiérer de vieux rêves.

Hélas, à vouloir burtoniser des classiques, l’oeuvre s’est retournée contre son créateur. « Frankenweenie » était le précurseur du Tim Burton du futur : des projets de gosse qui font fuir le public, parce que trop éloignés de la norme.

Aujourd’hui avec « Big Eyes », le réalisateur s’attaque au monde de l’art, et plus particulièrement à l’art populaire, à la reproduction à grande échelle. Il permet à Margaret Keane ( autre  génie incomprise ) de faire revivre ses enfants aux grands yeux, de les faire jouer dans la cour de Tim Burton, et sa vision infantile de l’arnaque.

Manipulée, elle connaitra la célébrité, mais cachée dans l’ombre d’un mari opportuniste artiste raté, en manque de reconnaissance. Le film est un Burton mais sans Tim.

Tout y est, la banlieue pastel et aseptisée de « Edward aux mains d’argent », l’interprétation clownesque rappelant le Joker de Nicholson façon Christoph Waltz, les notes enchantées de Danny  Elfman, et pourtant le résultat manque de matière.

La sensibilité de Amy Adams est salvatrice, et pointe du doigt l’artiste au coeur d’une époque qu’il ne maîtrise plus. Les enfants tristes de Kean sont les compagnons du petit Tim, qui cherche désespérément à émouvoir son public.

C’est agréable comme un « Big Fish », mais le poisson ne mord pas ! Tim Burton traite de l’escroquerie, comme en écolier sur les bancs de l’école. C’est fin, harmonieux, et ça tient la route.

Mais les fans de Burton, en sortiront peinés de voir leur grand héros faire des concessions avec les studios et accepter d’être moins lui pour être plus…commun. Et ce n’est pas ce qu’on attend d’un réalisateur hors du commun…

De Tim Burton , avec Amy Adams, Christoph Walltz
Durée : 1h47
en salle depuis le 18 mars 2015

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Indian Palace-Suite royale : les seniors sont dans la place !

Trois ans après Indian Palace, la crème de la crème des acteurs anglais, est de retour dans une suite revigorante à souhait, toujours réalisée par John Madden ( Shakespeare in Love).

On avait quitté tout ce beau monde dans un hôtel Marigold délabré, qui s’offre aujourd’hui une seconde jeunesse. La suite « royale », tient du miracle tant cette hymne à la vie redore la blason d’une génération peu soutenue dans le septième art.

L’hôtel Marigold affiche désormais complet, la grincheuse Muriel Donnelly (Maggie Smith) s’associe à Sonny Kapoor( Dev Patel), dont le rêve est d’agrandir son business.

A Jaipur, Evelyn ( Judy Dench) et Douglas ( Billy Nighy) se sont lancés dans de nouvelles aventures professionnelles, sans jamais avouer les sentiments éprouvés l’un pour l’autre. Norman (Ronald Pickup) et Carol (Diana Hardcastle) se laissent séduire par l’infidélité et Madge ( Delia Imrie) fait tourner la tête à deux fortunes indiennes.

Une construction « chorale », qui pourrait  faire perdre le fil et laisser le spectateur à distance. Et pourtant, John Madden tisse sa toile avec grâce et volupté, dans un voyage aux senteurs épicées, étonnamment dépaysant. Drôle et attachant,le film rend hommage à cette brochette d’acteurs sublimes, transportés loin des sentiers étroits de la vieillesse, dans un tourbillon de couleur et de musique made in Bollywood.

Une énergie communicative sublimée par un Dev Patel débordant d’optimisme et de vigueur. Le duo formé avec Maggie Smith, pose le constat d’un conflit générationnel pas si insurmontable, dans une relation qui font se réunir l’ambition de la jeunesse au jugement expérimenté et bienveillant d’une aînée pas peu fière.

On se laisse porter par cette comédie anglaise délectable, qui fait de ce  choc des cultures, un brassage reposant empreint de très bonnes intentions, où l’heure du thé se conjugue au tumulte des danses indiennes.Pourquoi s’en priver?

De John, Madden, avec Maggie Smith, Dev Patel, Judi Dench
Durée : 2h03
en salle à partir du 1er avril  2015

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Quais du Polar

quais-du-polar-2015-affiche-231129On termine cet article pour l’annonce d’un festival lyonnais (ma ville d’origine) qui existe depuis 2005, Quais du Polar. Cette onzième édition s’associe une nouvelle fois avec la SNCF pour proposer le Prix SNCF du Polar 2015.

A cette occasion, un train du polar circulera entre Paris et Lyon le 27 mars avec des animations à bord, il y aura des projections gratuites des films en compétitions (des courts métrages) lors du festival et des animations en gare de Lyon Part-Dieu.

D’ailleurs plusieurs autres événements polar ont lieu plusieurs fois par mois dans les trains, dans les gares partout en France, pour permettre aux voyageurs de faire partie du grand jury populaire qui va élire ce prix SNCF du Polar (3 catégories : Bande Dessinée, Court Métrage et Roman).

Vous pouvez d’ailleurs allez aussi directement sur le site de Polar SNCF pour visionner les courts métrages en compétition et voter en ligne pour votre préféré.

Le bon plan : pour se rendre au festival à petit prix, des places 100% Prem’s seront disponibles.

Quais du Polar
du 27 au 29 mars 2015 dans différents lieux de Lyon

 

article écrit par Julie Brando et Melle Bon Plan
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3 réflexions au sujet de « Mademoiselle fait son cinéma de mars »

  1. J’ai bien aimé « Big eyes » moi 😉 Je suis curieuse pour « Cendrillon » mais, si j’y vais, il faut que je sache à quoi m’attendre dirait-on !

  2. J’ai bien envie d’aller voir Birdman, je suis encore dans les temps !  J’aime beaucoup ce réalisateur et ses films que j’ai déjà vu comme Babel et Biutiful ! J’hésite avec Big Eyes de Tim Burton… dommage que l’opération Printemps du cinéma ne dure pas plus longtemps 🙂

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