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Expos et musées pour les beaux jours

par Valérie Collet

Les beaux jours, les beaux jours… L’humeur est tonique et l’heure, à la balade et à la découverte ! J’ai chaussé une nouvelle fois mes bottes de sept lieux pour vous faire découvrir quelques jolis musées et expositions, en attendant que Mademoiselle Bon Plan reprenne la barre, ce qui ne saurait tarder…

Je vous emmènerai tout d’abord voir une double exposition Picasso au centre de la Vieille Charité à Marseille et au Mucem, très beau musée où l’on s’attardera aussi devant l’amusant accrochage de « l’Amour de A à Z ». Puis direction Sars-Poteries, dans le Nord, pour découvrir l’artiste verrier Udo Zembok et la superbe collection du Musverre.

Une petite escapade à Gouda, aux Pays-Bas, pour vous livrer mon grand coup de cœur du moment, Henk Helmantel. Et on finira sur la Côte d’Azur pour redécouvrir le château Grimaldi d’Antibes et sa collection d’art moderne dont de nombreux Picasso.

Château Grimaldi-Musée Picasso, Antibes

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« Picasso, voyages imaginaires » à Marseille

Picasso voyageur ? Jamais le thème n’avait été abordé jusqu’ici. A raison car il faut dire que l’artiste n’est pas, à proprement parler, un globe trotter. En dehors du sud de la France et de son Espagne chérie, il fit relativement peu de voyages. Il se rendit en Hollande, en Italie, en Angleterre, en Pologne et c’est à peu près tout !!

Le thème du voyage, cependant, permet de confronter très joliment les œuvres de l’artiste à un certain nombre d’objets et de cultures qui l’ont inspiré. Direction, tout d’abord, le centre de la Vieille Charité!

Centre de la Vieille Charité Marseille

Picasso et Jacqueline

Masque Fang

Comme le douanier Rousseau qui peignait ses magnifiques jungles, inspiré par les catalogues des Galeries Lafayette, le grand Pablo (qui aimait beaucoup se costumer) voyagea surtout par procuration. Ses amis lui envoyaient des cartes postales lors de leurs déplacements et il les conserva jusqu’à constituer une véritable collection.

En fait, en dehors de l’Italie qui influence directement son œuvre à plusieurs reprises (ses baigneuses monumentales des années 20) l’atmosphère voyageuse qui émane de ses œuvres vient plus de son intérêt pour les autres cultures qu’il découvre au musée d’Ethnographie du Trocadéro ou au hasard de ses promenades.

Picasso, La Source

Stèle des adieux, Grèce antique

Il se passionne, ainsi, pour l’art africain après avoir découvert un masque Fang du Gabon dans l’atelier d’André Derain. Et représentera aussi de nombreuses odalisques et scènes orientales à partir des œuvres de Delacroix.

Picasso Femme au tambourin

Picasso, l'odalisque et le clown

Picasso, étude pour les Femmes d'Alger de Delacroix

 « Picasso, voyages imaginaires », jusqu’au 24 juin

Centre de la Vieille Charité

2 rue de la Charité, 13002 Marseille

Tél. : 04 91 14 58 80/56

Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h

Tarif plein : 12 € ; tarif réduit : 8 €

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Le deuxième volet de l’exposition qui se tient au Mucem, se penche plus particulièrement sur la collaboration de l’artiste avec Serge Diaghilev et les ballets russes. Il montre sa découverte des arts et spectacles populaires napolitain et espagnol. Affiches, marionnettes, costumes, ex voto, esquisses de rideaux de scène… On finit en beauté !

Art populaire, Fort Saint-Jean

Projet rideau scène Pulcinella

Et aussi:  « Picasso, arts et traditions populaires »,  jusqu’au 24 juin

Mucem

7 promenade Robert Laffont, 13002 Marseille

Tél. : 04 84 35 13 13

Ouvert tous les jours sauf le mardi de 11h à 19h

Billet unique pour toutes les expositions : Plein tarif 9,5 € / tarif réduit 5 € / Tarif famille (2 adultes et 5 enfants maximum) 14 €

Le bon plan : billet couplé pour les deux expositions Picasso au prix de 15 €

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« L’amour de A à Z » au Mucem  (Marseille)

Le fort Saint-Jean, tout près du bâtiment principal du Mucem, est un joli lieu de promenade, face à la mer et à deux pas du Vieux port. Il accueille aussi des expositions notamment sur le thème des arts et traditions populaires en France et dans les pays méditerranéens.

Cette fois, dans le cadre de la manifestation MP 2018, il s’intéresse à l’amour et nous présente, sous la forme d’un abécédaire plutôt étonnant (et parfois désopilant !) ses différentes facettes.

Fort Saint-Jean Marseille

L'amour de A à Z

Les objets proviennent de ses collections et vont des vêtements de mariés aux présents de fiançailles en passant par, les lits, les bijoux, les sculptures de sirène… Tous illustrent la grande enquête menée auprès de couples italiens, marocains, islandais, tunisiens, anglais, russes, français, serbes et israéliens. Et les différences culturelles sont de taille!

Séduction, mariage, érotisme, jalousie, romantisme, déclaration, rupture, âme sœur… Les angles abordés sont très variés. « A comme Ange » inaugure le parcours, revenant sur le personnage de Cupidon, le chérubin ailé, qui décoche ses flèches rendant instantanément amoureux celui qui les reçoit.

L'amour de A à Z

L'amour de A à Z

Puis c’est « B comme Bijoux » où l’on découvre la bague de foi que s’échangeaient, en France, les amoureux ou encore l’épingle de pardon que les jeunes bretonnes accrochaient à leur châle en signe de tendresse réciproque.

Passons sur « C comme Cœur » pour nous attarder sur « D comme Devoir conjugal »… Une lingerie osée et emplumée, trouvée dans un souk à Damas (en Syrie) illustre le propos ; celle-ci sert à la nuit de noces et s’accompagne d’une télécommande qui permet d’actionner certains ornements ornant ces dessous affriolants. On la suppose tenue par le monsieur… Romantique, non ?

L'amour de A à Z

« l’Amour de A à Z », jusqu’au 27 août

Mucem (voir renseignements pratiques ci-dessus)

A signaler : du 7 juillet au 2 septembre, le musée ouvre de 10h à 20h

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Udo Zembok et le Musverre de Sars-Poteries

Tout gris dehors, tout couleur à l’intérieur! Le Musverre nous a surpris par sa splendide architecture contemporaine en pierre bleue, inaugurée en 2016. En fait, ce musée dédié exclusivement au verre existait depuis 1969 mais dans ce nouveau bâtiment, il prend une majesté extraordinaire.

L’événement, ces jours-ci, est l’exposition consacrée à Udo Zembok. Cet artiste allemand qui vit actuellement à Menton,  est très influencé par Mark Rothko. Il travaille sur les notions de lumière, de couleur et d’espace.

facade Musverre

Udo Zembok

Ses œuvres thermoformées, très sobres et résolument abstraites, superposent plusieurs couches de verre recouvertes d’émail, ce qui donne une impression de transparence et de profondeur exceptionnelle.

Il présente Cœur II, installation rouge et vibrante qui invite le spectateur à s’approcher tout près afin de faire l’expérience de l’immersion physique dans la couleur. Tout autour, gravitent une quinzaine d’œuvres. Mi-tableaux, mi-sculptures, ces écrans lumineux offrent un spectacle singulier évoquant parfois le coucher de soleil sur la mer…

Udo Zembok, Coeur II

Udo Zembok

Udo Zembok

La collection permanente, elle, rappelle l’histoire des verreries qui fleurirent à Sars-Poteries entre 1802 et 1937. Grâce au curé du village, Louis Mériaux, elles ont aujourd’hui leur musée. On découvre tout d’abord les dizaines de « bousillés », ces pièces populaires et colorées que les ouvriers réalisaient pendant leurs heures de loisir pour les offrir à des anniversaires ou lors de mariages.

Musverre, bousillés

Puis c’est toute la collection contemporaine internationale où les tchèques et les slovaques règnent en maîtres depuis toujours. Le verre sous toutes ses formes et pour tous les goûts. Majestueux, irradiant,  magique !

Musverre

Musverre

Musverre

Musverre

« Udo Zembok, open space », jusqu’au 28 septembre 2018

Musverre

76 rue du Général-de-Gaulle, 59216 Sars-Poteries

Tél. : 03 59 73 16 16

Ouvert du mardi au dimanche, de 11h à 18h

Plein tarif : 6 € / tarif réduit : 4 €

Le bon plan : 1,50 € pour l’Happy hour (après 17h),

pour les 18-25 ans et les titulaires des minima sociaux et leurs familles

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« Foi, harmonie, silence » de Henk Helmantel au musée de Gouda

Henk Helmantel est très apprécié des hollandais et ailleurs, en Chine notamment où il expose régulièrement. En France, on ne le connaît guère. Et pourtant, ce septuagénaire inspiré a de quoi séduire ! Peintre de la beauté des choses, il s’attache à un vieux coing comme à de pimpantes groseilles, traite avec le même respect un vieux carton, un joli vase ou quelque trouvaille archéologique.

Henk Helmantel

Henk Helmantel

Henk Helmantel

Henk Helmantel

Son univers est celui de son intérieur, sobre, sans ostentation, qui rappelle parfois les tableaux de Rembrandt ou de Vermeer. « Je suis un Mondrian figuratif, un réaliste abstrait » écrit-il. Quant à sa technique, c’est celle des fines couches de peinture à l’huile superposées, qui fut aussi celle des anciens. Une des meilleures façons de capter la lumière et de rendre la transparence.

Henk Helmantel

Henk Helmantel

Pour fêter ses 50 années de création, le musée de Gouda l’accueille dans ses salles. Parmi elles, trois s’organisent successivement autour des couleurs rouge, bleue et blanche, soulignant tantôt le caractère expressif, tantôt l’abstraction, tantôt le silence de ses tableaux.

Au milieu des œuvres ont été disposés quelques objets personnels qui lui ont servi de source d’inspiration telle une commode chinoise, un vase ou des sculptures anciennes. Une peinture qui incite à la contemplation.

Henk Helmantel

 « Henk Helmantel, foi, harmonie et silence », jusqu’au 17 juin

Musée de Gouda

Oosthaven 9 & Achter de Kerk 14, 2801 JX Gouda

Tél. : 31(0)182 33 10 00

Ouvert de mardi au dimanche de 11h à 17h

Plein tarif 10 € / de 5 à 17 ans 4 € / Tarif jeune 8 €

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Le château Grimaldi-musée Picasso, à Antibes

Ces vieilles pierres qui surplombent la mer, sont construites sur l’ancienne acropole de la ville grecque d’Antipolis. Au cours des siècles, elles logèrent des évêques, une famille monégasque (les Grimaldi), l’hôtel de ville, une caserne, jusqu’à ce qu’elles soient transformées en musée en 1925.

facade Musée Picasso Antibes

En 1945, son conservateur Romuald Dor de la Souchère invite Picasso à y travailler pendant plusieurs mois. Enthousiasmé, ce dernier y réalise de nombreuses peintures, des dessins et des céramiques dans des harmonies solaires mariant les couleurs du ciel, du sable et de la mer.

Bacchanales heureuses, satyres, petits faunes et centaures, chouettes et oursins peuplent joyeusement ses œuvres laissées en dépôt à la ville d’Antibes. Elles constituent le chœur des collections du musée Picasso qui sera créé en 1966.

Musée Picasso, salle des nus DR Succession Picasso 2008 J-L Andral

vases Picasso

Picasso, nature morte aux volets noirs

Tête de faune

Par la suite, achats et dons ont permis d’étoffer la collection en œuvres d’Hartung, de Staël, Balthus, César et de nombreux autres artistes. Sur la magnifique terrasse pavée de calades (galets posés sur la tranche) Miro et Bernard Pages tiennent compagnie à Germaine Richier, à Anne et Patrick Poirier. Quand le soleil baisse, en fin d’après-midi, on croirait voir un mirage…

Miro

Musée Picasso Antibes, Anne et Patrick Poirier

Musée Picasso, Jean Leppien

Serpent, Niki de Saint Phalle

De Staël, Parc des Princes 

Hartung T1976-R21

Château Grimaldi-musée Picasso

place Mariejol, Antibes

Tél. : 04 92 90 54 20/26

Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 13h et de 14h à 18h (jusqu’au 14 juin)

Sans interruption du 15 juin au 15 septembre

Ouverture de tous les espaces du 2 au 20 mai puis à partir du 26 juin

Du 22 mai au 25 juin : fermeture du 1er étage pour travaux (collection contemporaine)

Plein tarif 6 € / Tarif réduit 3 € (étudiants, seniors, familles nombreuses…)

Gratuité : moins de 18 ans ; carte lol 16-25, demandeurs d’emploi etc.

 

Crédits photos : Valérie Collet

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