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Expos et châteaux à visiter cet été en France

par Valérie Collet
Publié : Mis à jour :

L’été est bel et bien là, si agréable et si chaud qu’il nous a donné envie de rester en France ! Aussi, je profite d’une petite pause (ou escapade) de Mademoiselle Bon Plan pour vous faire part de mes dernières découvertes.

Je vous emmènerai tout d’abord au musée des Beaux-Arts de Rouen, en Seine Maritime, pour admirer les œuvres de Braque et ses amis lorsque ceux-ci venaient lui rendre visite à Varengeville. Nous découvrirons ensuite, toujours en Normandie, la dernière exposition du musée des Impressionnismes à Giverny consacrée au peintre nabi Ker-Xavier Roussel.

Puis direction plein sud, pour le Val de Loire qui fête cette année la Renaissance et Léonard de Vinci. Dans ce cadre, nous visiterons la passionnante expo « Enfants de la Renaissance » au château de Blois. Enfin nous ferons un petit tour au château de Talcy, bijou magnifiquement conservé de la même époque !

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« Braque, Miro, Calder, Nelson… » au musée des B.A. de Rouen

Perché sur la Côte d’Albâtre, le village de Varengeville-sur-mer (Seine Maritime) a attiré de nombreux artistes, peintres et écrivains surtout à partir de la fin du XIXe siècle. Ainsi l’architecte américain Paul Nelson qui y achète une maison de campagne. Il fera découvrir le lieu à Braque qui lui aussi, en 1930, acquiert une longère normande où il vient très souvent travailler jusqu’à sa mort en 1963.

Au fil de leurs nombreuses invitations, leurs amis artistes formeront un véritable « atelier sur les falaises ». C’est le cas de Miro, de René Char, du sculpteur américain Calder et du peintre allemand Hartung dont on découvre les oeuvres réalisées sur place. On notera particulièrement les cadeaux qu’ils se faisaient entre eux : cendrier bricolé dans du métal, galet, portrait de Miro par Calder…

Cette exposition superbe et touchante, est aussi la première à porter un regard complet sur l’œuvre de Braque et son renouvellement à Varengeville. Les sculptures tout d’abord, dont les scènes antiques sont taillées dans la pierre ou gravées dans le plâtre. Suivent les années de guerre où l’artiste peindra avec gravité des poissons morts ou des ateliers noirs. Enfin naîtront les fameux grands oiseaux dont certains pareront un plafond du Louvre.

Pour compléter cette visite, on pourra se rendre sur place pour voir la tombe de Braque dans le cimetière marin ou ses vitraux de l’église Saint Valéry et de la chapelle Saint Dominique.

"Braque, Miro, Calder, Nelson… Varengeville, un atelier sur les falaises"
Jusqu’au 2 septembre 2019
Musée des Beaux-Arts de Rouen 
Esplanade Marcel-Duchamp, 76000 Rouen
Tél. : 02 35 71 28 40
Ouvert tous les jours de 10h à 18h 
Tarif plein : 9 € / tarif réduit : 6 €
Gratuit pour les moins de 26 ans et les bénéficiaires des minimas sociaux

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« Enfants de la Renaissance » au château de Blois

Catherine de Médicis, née le 19 avril 1519 et mère de 7 enfants, résidait souvent au château. Aussi cette passionnante exposition honore-t-elle son 500e anniversaire, nous plongeant dans la vie quotidienne des familles de l’époque.

La mise au monde et la petite enfance sont tout d’abord abordés. La première, difficile, est entourée de rituels magiques ou religieux du fait de la forte mortalité infantile (2 à 4 décès pour 10 naissances). Au XVIe siècle, la femme accouche assise, entourée de sages femmes. Comme on le voit sur certains tableaux, l’enfant est ensuite confié à une nourrice et la jeune mère, alitée, reprend ses forces avec du vin et du bouillon !

Le bébé est emmailloté (et démailloté) plusieurs fois par jour pendant plusieurs mois puis il porte une robe jusqu’à ses sept ans. Sur les cimaises et dans les vitrines, on découvre l’ancêtre du forceps, les « biberons » (pots en terre cuite ayant un bec particulier) et les jouets tels les hochets, les dinettes, les billes, les toupies ou les armures miniatures. La reconstitution d’une chambre nous montre que chaises hautes et déambulateurs n’ont guère changé depuis l’époque.

Puis vient le chapitre « Grandir à la Cour » avec ses incongruités… Les enfants princiers vivaient séparés de leurs parents dans la « Maison des enfants » avec quelque 300 personnes à leur service. Ils nouaient des relations solides entre frères et sœurs et avec le personnel, se préparant à la vie de cour et à leurs futures responsabilités.

Culture, morale, bonnes manières et maniement des armes leur étaient enseignés avec un équipement à leur taille. Parmi les pièces étonnantes de l’expo, un dessin du futur Louis XIII à six ans !

On pourra prolonger cette visite par celle du château dont on vous a déjà parlé il y a quelques mois (voir l’article de Mademoiselle Bon Plan) et par le spectacle son & lumière qui vous fera réviser votre histoire!

Exposition « Enfants de la Renaissance », jusqu’au 1er septembre 2019
Château royal de Blois
6 place du château, 41000 Blois
Ouvert tous les jours de 9h à 19h (jusqu’au 31 août)
Plein tarif : 12 € / tarif réduit : 9,50 € / tarif 6-17 ans : 6,50 €

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Château de Talcy, dans le Val de Loire

Lors de nos dernières visites dans la région Centre-Val de Loire, nous vous avions parlé des très jolis châteaux de Troussay et de Beauregard (voir notre article). Talcy n’est pas en reste, accessible, comme les autres, dans le cadre d’un circuit à vélo. Plein d’atmosphère, il présente de nombreux points d’intérêt.

Ce château de la Renaissance porte surtout la marque de Bernard Salviati, le banquier florentin de François 1er, qui en fut le propriétaire en 1517. Ses appartements lambrissés avec leurs meubles XVIIIe sont parfaitement conservés (classés Monument historique) et séduisent par leur ambiance raffinée et intime.

Le visiteur découvre tout d’abord la grande salle du rez-de-chaussée et la cuisine. Puis ce sont plusieurs chambres dont celle dite « de Charles IX » avec ses boiseries et ses rideaux en point de Hongrie. Une salle de bain intacte nous montre une baignoire recouverte d’un drap de crasse : il servait pour récupérer la crasse du bain, la même eau étant utilisée par toute la famille…

Côté pièces de réception, on admire le salon et surtout la splendide salle à manger avec son indienne bleue sur les murs, dont les motifs de fleurs ont été finis au pinceau ! Tous les invités du château y ont une assiette à leur nom ( Stendhal, Thiers, Mérimée, Albert Stapfler…). Dans ce château sous le signe des poètes, le puits sur lequel pousse un rosier nous rappelle que Cassandre, la fille du propriétaire, inspira à Ronsard amoureux son célèbre poème « Mignonne, allons voir si la rose… »

Enfin, il faudra accorder une attention particulière au pigeonnier et au pressoir même si dans ce dernier, se fabriquait un très mauvais vin bouilli que l’on transformait en eau de vie ! Dans ce domaine agricole de 550 hectares, on remplaça bientôt (à la fin du XIXe siècle) la vigne par des pommiers. Aujourd’hui, on visite toujours le jardin et le potager dont les fruits sont offerts gratuitement aux visiteurs.

Château de Talcy
18 rue du Château, 41370 Talcy
Tél. : 02 54 81 03 01
Ouvert tous les jours, de 9h30 à 12h30 et de 14h à 18h 
(17h à partir du 5 septembre 2019 ; fermé le mardi du 1er octobre au 31 mars 2019)
Plein tarif : 6 € / tarif réduit : 5 €
Gratuité : -de 26 ans, personne avec handicap, demandeur d’emploi…

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Ker-Xavier Roussel au musée des Impressionnismes de Giverny

Cette première grande rétrospective depuis 1968 nous fait découvrir un artiste flamboyant qui nous entraîne avec un rare bonheur dans les délices de la couleur et de la nature. De ce grand ami de Vuillard (il épousa sa sœur), on découvre tout d’abord la période nabie, avec ses personnages immobiles et ses perspectives aplaties.

Rapidement, il glissera vers les sujets mythologiques et agrandira ses formats, le quotidien peint par ses confrères Bonnard ou Vuillard, se transformant chez lui en de mystérieuses paraboles.

Avec le temps, Roussel s’éloigne de plus en plus du réel pour peindre un monde rêvé nourri par les auteurs grecs et latins. Toutes les Métamorphoses d’Ovide qui racontent, parfois crument, les amours des Dieux, défilent dans ses tableaux. Sous des dehors bucoliques, on assiste à des étreintes, à des poursuites ou à des rapts à l’érotisme à peine voilé.

Enfin les quinze dernières années, alors qu’il a installé toute sa petite famille à la campagne, dans la forêt de Marly, il livre d’exubérants décors où la nature joue un rôle primordial. Avant cela, on aura été touchés par un « cabinet noir » qui illustre son côté dépressif, par ses sublimes pastels et par sa modestie qui lui fait omettre de signer ses tableaux.

On pourra compléter cette visite par celle de l’expo « Vuillard et Roussel, portraits de famille » au musée de Vernon, à quelques kilomètres de Giverny. On y découvrira des photos, des dessins et des peintures illustrant l’histoire intime du peintre : ses parents, ses amis, sa femme Marie et ses deux enfants Annette et Jacques. Attachant!

« Ker-Xavier Roussel, jardin privé, jardin rêvé », jusqu’au 11 novembre
Musée des Impressionnismes Giverny
99 rue Claude Monet, BP 18, 27620 Giverny
Ouvert tous les jours de 10h à 18h  (jours fériés inclus)
Plein tarif : 7,50 € / Tarif réduit dont étudiants et 12-18 ans : 5 € / personnes avec handicap et 7-11 ans : 3,50 €
Le bon plan: gratuité le 1er dimanche du mois ; les billets couplés avec le musée de Vernon ou la Maison et le jardin de Claude Monet

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« Edouard Vuillard et Ker-Xavier Roussel, portraits de famille »
Musée de Vernon
12 rue du Pont, 27200 Vernon
Ouvert tous les jours (y compris les jours fériés) de 10h à 18h
Plein tarif : 4,50 € / Tarif réduit : 3 €
Gratuité : le 1er dimanche du mois et habitants de Vernon, -de 26 ans, étudiants en histoire l’art,  demandeurs d’emploi et bénéficiaires des minima sociaux

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